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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 05:52
Mardi 7 février : Gadjo dilo (1998)

Réalisation : TONY GATLIF

Date de sortie : 1998

Durée : 1h37

Acteurs principaux : Romain Duris (Stéphane ), Rona Hartner ( Sabina), Izidor Serban ( Izidor)

Langue : Français, romani, roumain -  Sous titres : espagnol et français

Distinctions :   

- César du cinéma 1999 : César de la meilleure musique écrite pour un film.

- Festival international du film de Locarno 1997 : Léopard d'argent du meilleur film et Léopard de bronze, prix spécial attribué à Rona Hartner.

 

Détails sur le film : Les musiciens

  • Orchestre Marin Ioan : Toni Lache (clarinette), Nicolae Paun (accordéon), Florinel Dobrica (contrebasse), Marius Banuca (violon), Mihai Iordache (cymbalum), Adrian Simionescu (vocale), Marin Ioan (impresario)
  • Orchestre Gipsy Star : Leonard Iordache (cymbalum), Ghita Coada (contrebasse), Constantin Fugirica (accordéon), George Udila (clarinette), Costel Vasilescu (trompette), Marian Vasilescu (violon)
  • Monica Juhasz-Miczura (chant) interprète sublimement Nora Luca. Elle est aussi connue sous le pseudo Mitsou. Elle a été membre du groupe Ando drom.

 

Gadjo dilo signifie « l'étranger fou ». Ce dernier volet d'une trilogie, comme Les Princes et Latcho Drom, a été conçu autour de la musique tzigane. À son propos, Tony Gatlif explique : « C'est une musique qui crie la peur et la douleur d'un peuple qui a mal à son âme. C'est pour ça que la musique tsigane est belle. Sinon musicalement elle part dans tous les sens, c'est plein de fausses notes, les instruments sont bricolés avec n'importe quoi. Mais cette musique est un cri de douleur, de douleur ancestrale qui vient de l'âme de tout un peuple. C'est la révolte pure, rien n'est fabriqué, tout est crié. Et c'est effectivement comme ça que j'imaginais ce film »

 

Synopsis /résumé

Gadjo c'est l'étranger en langue rom, le tsigane de Roumanie. L'étranger, c'est Stéphane, un jeune français d'une vingtaine d'années qui traverse ce pays à la recherche d'une chanteuse inconnue. La seule trace qu'il possède de cette voix tsigane, c'est un nom énigmatique, Nora Luca, gravé sur une cassette que son père écoutait inlassablement pendant les derniers moments de sa vie. En pleine nuit, Stéphane rencontre Isidore, un vieux chef de village. Les deux hommes se lient d'amitié autour d'une bouteille de vodka. Grâce à leur complicité, le jeune homme est intégré peu à peu dans la communauté tsigane, tandis que Sabina la plus sauvage des femmes du village, accepte de devenir son interprète. Parti à la recherche de son père, Stéphane finit par découvrir l'amour, une nouvelle famille, et toute une culture.

 

Critique parue dans les Inrocks : 

"Après Les Princes et Latcho drom, Tony Gatlif dit filmer une dernière fois les Tziganes dans Gadjo dilo. C’est surtout la meilleure : la force documentaire de Latcho drom est fondue dans un scénario habile, et par rapport aux Princes, enfermés dans leur HLM, Gadjo dilo a la grande qualité d’être un film en mouvement.

 Appliquant à la lettre le théorème posé par Jean Renoir ­ “Le cinéma, c’est le mouvement” , Gatlif fait voyager Stéphane (Romain Duris, très investi) aussi bien physiquement que spirituellement. Parti en Roumanie à la recherche de Nora Luca, une chanteuse rom qu’écoutait son père avant de mourir, Stéphane tombe d’abord sur Isidore, sorte de chef de village tzigane. Toute une nuit, le vieux Rom et le jeune Gadjo partagent une bouteille de vodka qui scellera leur amitié. Au départ, le village est hostile, mais Stéphane est déterminé à retrouver Nora Luca et il est persuadé qu’Isidore l’y aidera. Peu à peu, Stéphane s’intègre dans la communauté. La farouche Sabina qui a vécu en Belgique lui sert d’interprète et, à la faveur de rencontres avec des musiciens roms, Stéphane enregistre leurs chansons dans l’éventualité d’un disque.

Jusque-là, le film est séduisant, parce que le métissage des cultures s’y tisse avec bonheur devant la caméra. Mais ce qui emporte définitivement la conviction, c’est le basculement de Stéphane. Il finit par oublier ce pour quoi il était venu, détruira même les enregistrements, pour vivre en toute liberté son amour pour Sabina. Il faut dire qu’il y a de quoi. Interprétée par la magnifique Rona Hartner, Sabina a planté son mari en Belgique, ce qui lui vaut d’être une sorte de paria dans la communauté. Mais elle a fait de cet isolement sa liberté. Grâce à cette femme absolument libre, jusqu’à la sauvagerie, les derniers blocages de Stéphane vont céder. Les plans où Sabina et Stéphane courent nus dans la forêt, qui auraient pu être ridicules, font alors figure d’ode à la sensualité. A cette aventure intime, Gatlif superpose un propos plus politique puisque le village tzigane sera finalement détruit par les Roumains. Comment supporter une telle haine ? Comme son héroïne Sabina, Gatlif répond par la liberté, par une douce anarchie. Et ce qui traduit le mieux ce sentiment, ce n’est plus les images, mais la musique tzigane : musique des moments de fête et des moments de douleur, mémoire et réconfort du peuple rom."

Source : Olivier Nicklaus ( Les Inrocks, janvier 1998)

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