Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 00:05

20121009---Nosferatu.JPG

Réalisation : F. W. Murnau

Pays : Allemagne

Date de sortie : 1922

Durée : 1h00

Acteurs principaux : Max Schreck, Gustav Von Wangenheim, greta Schrüder

Langue : Muet

Synopsis : 

Le classique obligé,  l’expressionisme allemand et les débuts du cinéma qui s’emparent du mythe pour devenir une référence. 

 

logo 3ème oeil

Repost 0
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 00:01

 

 

 

 

Réalisation : George A. ROMERO

Date de sortie : 2005

Durée : 1h37

Acteurs principaux : Simon Baker, John Leguizamo, Dennis Hopper, Asia Argento.

Langue : Anglais

Soutitres : Français

Synopsis : LAND OF THE DEAD ( le Territoire des morts). Par le maître et le créateur du genre des films de morts-vivants. Dans cet opus, derrière le sensationnel, le sang et la violence, c’est toute l’idéologie de l’Amérique des Bush père et fils qui est dénoncée. Un monde séparé en deux, une métaphore politique où  les zombies ne sont plus seulement ces consommateurs décérébrés errant dans un supermarché, mais le tiers-monde et le quart-monde des exclus à la porte du bastion du monde libre néolibéral  paradoxalement autoghettoïsé. Clin d’œil : quand dans son premier film, c’est un Noir qui, très incorrectement prenait la tête du petit groupe de Blancs  essayant d’échapper aux morts-vivants,  c’est ici, un Noir qui prend la tête de morts-vivants emblème, d’un nouvel Eveil de la conscience qui les mènent à la révolte … ou à la Révolution ?

 

logo 3ème oeil

 

Repost 0
25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 00:01

20120925---Dracula.JPG

Réalisation : Francis Ford Coppola.

Date de sortie : 1992

Durée : 2h08

Acteurs principaux : Gary Oldman, Winona Ryder, Keanu Reeves, Anthony Hopkins.

Langue : Anglais

Soutitres : Français

 

Synopsis : Le roman épistolaire  de Bram Stoker porté spectaculairement à l’écran dans une version totalement gothique et romantique où l’on n’est pas loin d’une relecture de la réversibilité et de la malédiction baudelairiennes appliquées à un Dracula ,monstre magnifique, à la fois héros et anti-héros, victime et bourreau . Dans un espace cinématographique onirique, c’est tout le caractère subversif de la figure vampirique et du rapport au vampirisme qui est mis en scène : c’est l’obscur objet du désir refoulé par l’Angleterre victorienne et puritaine du XIX siècle qui vient dans des métaphores érotico-sexuelles  hanter les belles la nuit.

logo 3ème oeil

Repost 0
19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:54

Zombis-banniere.JPG

 

 Du caractère métaphorique originel du mythe :

 

 

Si les VAMPIRES ont été apparentés aux  stryges ou aux lamies de la mythologie antique,la légende et le mythe sont  bien nés en Europe Centrale ; si les ZOMBIES  du vaudou des  cultures afro-caribéennes hantent un culte encore pratiqué, l’Europe de L’est nous lèguent l’histoire de Vlad Tepes, l’empaleur roumain, ( écho lointain de notre Gilles de Rais) comme figure historique du comte Dracula .

Le titre original que Bram Stocker voulait donné à son roman est  The Un-dead, littéralement, le non-mort, le mort-vivant. A l’origine le terme de mort-vivant désigne uniquement le vampire. Selon F.Montaclair, le mot vampire est emprunté,  au XVIII° siècle, à l’allemand Vampir, lui-même dérivé du serbe Vampir,  et des formes proches sont introduites en français à la même époque : oupire et upire , dérivées du tchèque upir ou du russe upyr. Il est probable que toutes ces formes  ont une origine commune turque, uber, qui signifie sorcière.

 Dès son apparition dans les légendes et croyances  des pays d’Europe Centrale (Bulgarie, serbie, Roumanie etc. états nés du déclin de l’empire byzantin) le vampire  doit être replacé dans le contexte de l’évolution et de l’histoire de ces peuples et de l’invasion ottomane (le plupart des caractère du vampires sont constitués au cours du XVII° siècle),  et il se charge d’un message métaphorico-politique : comme le démontre florent Montaclair, « le vampire est une métaphore de l’oppression turque ».

Extrait  de  Le Vampire dans la littérature romantique française 1820 -1868 :

 «  Le récit vampirique prend alors une tournure étiologique : c’est un récit  des origines qui explique les comportements quotidiens. Pour symboliser la destruction que les turcs faisaient subir à leur société et à leur culture, les peuples d’Europe centrale ont inventé une figure, un monstre effrayant qui reproduisait l’action du pouvoir ottoman. Toutes les données de la transformation nationale, religieuse et culturelle due à l’arrivée des envahisseurs trouvent leur correcpondant dans la figure du vampire :

A la mort renvoie la guerre ;

Au besoin de sang correspondent l’impôt du sang exigé des chrétiens et le changement de nationalité ;

A l’attaque de la famille correspond la destruction de la cellule familiale, qui portait les valuers du groupe et la nationalité ;

Au mode de destruction du vampire par l’appel au pouvoir et à la religion correspendent la disparition des institutions d’Europe centrale et la persécution des chrétiens. ON dtruit le vampire en faisant appel à ce qui fait la spécificité du groupe chrétien maltraité par l’oppressseur, ses institutions politiques d’origine et sa religion. »

  Quelques exemples de relectures du mythe :

 Le  mort-vivant s’est petit à petit constitué en mythe dans l’Imaginaire occidental et , mais n’est-ce pas l’essence de tout mythe, semble se  remodeler  à travers les cultures et les époques en fonction des préoccupations de chacune pour proposer des visions du monde politiquement incorrectes ou pour cristalliser des angoisses ou des frustrations  encore moins dicibles. La littérature s’en est emparé, puis le cinéma qui dès ses débuts le met en scène ( d’où la présence du Nosferatu de Murnau dans notre cycle)  et enfin les séries télévisées. De Murnau à Romero, de Nosferatu à Blade ( le diurnambule symbole du métissage !) en passant par Entretiens avec un vampire, de chef-d’œuvres reconnus aux derniers films de série B ou Z, le mythe est  sémantiquement réinvesti et modernisé.

  Le roman épistolaire  de Bram Stoker  ne peut être lu sans être replacé dans son contexte historique : Dracula, c’est l’obscur objet du désir refoulé par l’Angleterre victorienne et puritaine du XIX siècle qui vient dans des métaphores érotico-sexuelles  hanter les belles la nuit. Le sang c’est le liquide vital, comme le lait ou le sperme ( voir l’article de Nathalie Saudo «  She wants blood :  discours sanguin et dégénérescence dans Dracula » in Dracula. L’œuvre de Bram Stoker et le film de F.F. Coppola), le transfert des fluides prend une signification sexuelle tout comme la morsure, la succion et le premier sang versé… nous n’en dirons pas plus…

Le Dracula de Bram Stoker est  porté spectaculairement à l’écran  par Francis Ford Coppola dans une version totalement gothique et romantique où l’on n’est pas loin d’une relecture de la réversibilité et de la malédiction baudelairiennes.  La figure, le motif pourrait-on dire, de Dracula ,monstre magnifique,  amoureux brisé, à la fois héros et anti-héros, victime et bourreau, joue totalement de la dialectique attirance-répulsion. On y voit la figure de Lucifer, celle qui fascine les romnatiques ( relisons La Fin de Satan d’Hugo) , celle de celui- qui a été l’élu et qui a été le grand Révolté qui s’est dressé contre dieu.  Avec cette ironie métaphorique qui veut que Satan portait la lumière divine et que Dracula la fuit.  Dans un espace cinématographique onirique, c’est tout le caractère subversif de la figure vampirique et du rapport au vampirisme qui parcourt l’œuvre de Stoker et qui est mis en scène.

 A titre d’exemple de récupération de la métaphore sexuelle modernisée, l’on peut prendre  le mode de contagion par le sang  qui caractérise le vampirisme  et qui prendra un sens aigu dans les années 80 avec l’apparition du SIDA.  Et c’est bien le sang et les associations sémantiques qu’il convoque qui donne aussi au mythe cet capacité de se re-sémantiser : « Eucharistie, cannibalisme, tuberculose, hémorragie, menstruation, boucherie, humeur et caractères sanguins, écarlate et vermillon sont un éventail des sujets qu’il convoque » ( N.Saraudo).  A côté du sang et lié au sang, à la vie et à la mort, c’est la notion d’immortalité qui fascine les hommes dans un mythe où se mêle Eros et Thanatos.

Restons sur la figure de Dracula en prenant un dernier exemple de réinterprétation du mythe, un film de série B : Dracula 2001 d’un réalisateur français : Patrick Lussier . Tout en se voulant une parodie (Dracula hard rocker  star gothique , boîte de nuit nommée Hell), le film propose une relecture explicative du mythe à travers la bible et les évangiles : ainsi, sans aucun antisémitisme, la généalogie de Dracula est rapportée à Judas l’Iscariote et celle-ci explique ce que le vampire craint (nous ne donnerons qu’un exemple pour ne pas  tout dévoiler, celui de l’argent, mortel pour Dracula car judas s’est  vu remettre des pièces d’argent lorsqu’il dénonça le christ).

Les Morts-vivants :

Enfin, avant que d’évoquer le troisième film de notre  cycle, nous dirons  rapidement un mot de deux œuvres de roméro qui confirment la relative richesse de notre thématique.

La Nuit des morts-vivants, production indépendante de 1968, premier film de Roméro et premier opus de la saga, fut considéré comme politiquement incorrect. Alors que la ségrégation avait toujours cours en 1967, Roméro choisit comme acteur principal, pas pour la couleur de sa peau précisera-t-il plus tard, un afro-américain (première faute de goût) qui, avant d’être abattu par la police à la fin du film (on se demande pourquoi), prend le statut de héros (deuxième faute de goût)  en prenant le commandement d’un groupe de survivants incapables de s’organiser. On a pu voir aussi dans l'attaque des zombies une métaphore de la guerre du Vietnam.

Zombie (1978),  propose une critique  caricaturale de la société humaine et de la société de consommation : les zombies, métaphore des consommateurs abêtis et débulbés que nous sommes, errent dans un supermarché.   

Dans Land of the dead Territoire des morts (2005), film choisi pour ce cycle, les morts-vivants sont un peuple en train de se structurer, d'accéder à l'intelligence, à la conscience, et aux sentiments. La caricature et la charge politique se situe dans la ville-même : « dans Fiddler's Green, Kaufman a reproduit tous les défauts de «l'ancien monde » (la corruption, la drogue, la prostitution…). Il tient le peuple avec la nourriture et les loisirs (panem et circenses) ». Face à une ville métaphore de l’Amérique des Bush, les morts-vivants représentent aussi bien les menaces terroristes que le tiers-monde ; la banlieue pauvre de la ville fortifiée regroupe quant à elle le quart-monde des laissés pour compte du système libéral. Double ironie : le « monde  libre »  s’est ghettoïsé et auto-enfermé, et Dennis Hopper, acteur fétiche d’ Easy rider, incarne un personnage (image des cyniques  qui dirigent le monde) dont la symbolique est à l'opposé de celle du personnage qu’il joua  lors de ses  débuts au cinéma.

 Vampire au féminin :

Parité oblige, on ne peut pas évoquer le vampirisme sans parler de de la Comtesse sanglante, surnommée encore, la Contesse Dracula : la comtesse  Elizabeth (ou Erzsébet) Bàthory qui, au début du XVII° siècle, son procès eut lieu en 1611, fut accusée d’enlever et de saigner les jeunes filles (vierges de préférence)  habitant aux alentours de son Château proche des Carpathes. Le chiffre de 300 victimes fut avancé. Elle buvait leur  sang et en remplissait sa baignoire pour y prendre des bains afin de garder une éternelle jeunesse. Personnage historique n’ayant rien de fantastique, sorte de Gilles de Rais hongroise en jupon, Bram Stocker s’en serait inspiré pour son roman épistolaire, mais elle a elle-même fait l’objet d’un roman,  Élisabeth Báthory, la Comtesse sanglante,  écrit par Valentine Penrose, publié en 1962. En 2009,  Dacre Stoker, descendant de Bram Stocker, publie une suite de Draculaintitulée Dracula l’Immortel, dans laquelle il présente Élisabeth Bàthory comme une vampire accompagnée de deux goules[]. Elle a aussi été porté à l’écran par Julie Delpy, qui l’incarne dans son film La Comtesse (The Countess) sorti en 2010.

                Ceux et celles qu’intéresse la figure féminine du vampire peuvent encore aller chercher du côté du roman  Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu (1871), roman gothique auquel Stoker a reconnu sa dette.

 Pour aller plus loin… :

 

Florent Montaclair : Le Vampire dans la littérature romantique française 1820 -1868, Presses universitaires de franche-Comté, Université de Franche-Comté, 2012.

Jean Marigny: Sang pour sang : le réveil des vampires, Découvertes Gallimard, Gallimard 1983 (Nouvelle édition 1993)

Claire Bazin et Serge Chauvin (dir.) , Dracula : L’œuvre de B.Stoker et le film de F.F.Coppola, collection Lectures d’une œuvre, Editions du temps, Nantes 2005.

Jean-Baptiste Thoret (dir.), Politique des zombies, l'Amérique selon George Romero , Ellipses, 2008.

 

logo 3ème oeil

 

Repost 0

Intro

  • : Troisième Oeil du LFT
  • Troisième Oeil du LFT
  • : échanges autour des goûts cinématographiques des uns et des autres
  • Contact

Recherche