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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 20:00

Ridicule

 

Réalisation : Patrice Leconte

Date de sortie : 1996

Durée : 1H42

Acteurs principaux : Charles Berling, Jean Rochefort, Judith Godrèche, Fanny Ardant, Bernard Giraudeau

Langue : français

Distinctions : 4 César en 1997: meilleur film, meilleur réalisateur, meilleurs costumes, meilleurs décors.

 

Résumé et commentaires:

Le Baron Grégoire Ponceludon de Malavoy , nobliau de province, ingénieur hydrographe, veut, pour sauver les paysans frappés par la malaria ( le paludisme), assécher les marais de sa région des Dombes. Pour réaliser son projet, il lui faut rencontrer le roi. Il sera en cela aider par le marquis de Bellegarde. Réussira-t-il son ascension jusqu’au roi ? Qui seront ses alliés ou ses ennemis ?

 

Le film nous fait entrer dans les salons du XVIII° siècle et dans les antichambres de Louis XVI pour nous proposer un tableau de la noblesse de cour à la veille de la Révolution. Dans cette microsociété, “arbre pourri” en déconnexion totale avec la réalité et les difficultés du royaume, se nouent intrigues et recherche de faveurs. Y règnent l’hypocrisie mais surtout la peur du RIDICULE qui, par l’arme affutée de l’esprit et des mots, tue encore mieux que l’épée, soit métaphoriquement en vous précipitant dans les oubliettes de la honte et les annales de la moquerie, soit physiquement en conduisant au suicide. L’intelligence, le beau langage ne servent pas le progrès, mais des intérêts mesquins, futiles et cruels. Dans un jeu de miroirs, on trouvera des personnages qui symbolisent,eux, l’autre esprit des Lumières, le vrai: Mathilde de Bellegarde (philosophe et scientifique) ou l’Abbé de l’Epée (inventeur du langage des signes), tous deux contrepoints lumineux, de la fourbe Marquise de Blayac et de l’Abbé de Vilecourt. De même, le réalisateur fait preuve d’une subtile ironie en faisant se rencontrer le milieu des sourds-muets en contrepoint d’un milieu où le verbe brille sous les plafonds dorés. Ironiques aussi, l'ascension et la chute de l'abbé de vilecourt  victime de sa propre sophistique.Le film vaut pour la qualité de sa reconstitution historique et surtout pour celle de ses dialogues: mise en scène du verbe par le verbe et le sens de la repartie (les puristes tiendront à l’absence d’accent aigu, même si l’académie est passée par là et tolère les deux orthographes). Au XX° siècle, Georges Perros donnera une très belle définition de ce qu’avoir de l’esprit veut dire: “ c’est ne pas savoir ce que l’on va dire dans la seconde qui va suivre” ( in Papiers collés); aujourd’hui, dans tous les médias, cet art du verbe et cette faculté de l’intelligence a changé de nom, on ne pratique plus le “bout rimé”, on improvise des "slams", ou “la saillie”, on “vanne”... A vous de comparer et de juger...

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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 17:23

liaisons-dangereuses.jpg

 

Réalisation : Stephen Frears

 Date de sortie : 1988 ( USA) – 1989 ( France)

Durée : 1H59

Acteurs principaux : John Malkovich, Glenn Close, Michel Pfeiffer

Langue : anglais VOST

Détails sur le film :

Adaptation cinématographique du roman épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos Les Liaisons dangereuses ( 1782). 

Pour ceux et celles qui connaissent le roman, les personnages gardent leur nom à l’exception de Gercourt qui  devient Bastide car les acteurs américains avaient du mal à prononcer ce patronyme.

 

Résumé:

Un aristocrate français du XVIII° siècle, le vicomte de Valmont est réputé pour son pouvoir de séduction et pour  son immoralité. Lié par un pacte à la marquise de Merteuil, une ancienne maîtresse, prête à tout pour intriguer et faire souffrir, il va échafauder un plan diabolique: séduire la jeune  Cécile de Volanges, jeune fille promise à un ex-favori de la marquise. Mais de son côté il a aussi décidé de séduire  Madame de Tourvelle, ravissante épouse à la fidélité exemplaire. Les deux libertins parviendront-ils à leurs fins ? Leur cruelle manipulation  et les atteintes à la vertu resteront-elles impunies ?

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 08:55

affiche-Danton.jpg

 

Réalisation : Andrzej Vajda

Date de sortie  : 1983

Durée : 2h15

Acteurs principaux : Gérard Depardieu (Danton) ,  Wojciech Pszoniak (Robespierre), Patrice Chéreau ( Desmoulin), Roger Planchon ( Fouquier tinville),

Boguslaw  Linda (Saint Just), Jacques Villeret (Wetermann) , Roland Blanche ( Lacroix), Anne Alvaro (Eléonore Duplay) , Emmanuelle Debever ( Louison).

Langue : français

 

Détails sur le film  :

Adaptation cinématographique de la pièce de théâtre de l'auteure polonaise Stanisława Przybyszewska, L'affaire Danton. Cette oeuvre franco-polonaise est à l’origine une commande de la République française, François  Mitterrand souhaitant au début de son premier mandat présidentiel fêter la Révolution française de 1789. Lors de la première projection du film avant  sa sortie en salle, Jacques Lang, ministre de la Culture quitta la salle...Ce coup de projecteur sur  la Terreur  n’était pas du goût du gouvernement d’alors qui aurait préféré que fut mise en avant les Lumières de la Révolution et pas ses heures les plus sombres.

Synopsis : Révolution française, 1794, Paris. La guillotine fonctionne à plein temps;  Danton soutenu par la et par le journaliste Camille Dumoulin, souhaite faire arrêter la Terreur. En face de Lui Robespierre, soutenu par le Comité de Salut public, qui souhaite  la maintenir et garder le pouvoir. Deux figures de la Révolution française, s’affrontent, en privé, en public, face à face ou par le biais de leurs soutiens. L’issue ? celle  de deux destins, et celui du sens de la Révolution elle-même.

 

Eléments d’analyse:

    Le choix de ce film tient d’abord au cycle lui-même ( “ Les ombres des Lumières”), et les “ombres” ici sont celles de cette période que l’on appelle la Terreur (engagée dès 1793) Il s’agit en effet de montrer que  la Révolution française de 1789 relève aussi de la construction d’un symbole ( français et universel ?) avec tout ce que cela suppose  de petites amnésies temporaires ou d’occultation de ce qui aurait pu égratigner toutes les hautes valeurs que cet événement cristallise dans l’édification du monument de la République , des Républiques, des Libertés ( Relire Michelet): rappeler qu’il y a quelques taches sur le drapé de sa statut. Aucune visée polémique cependant dans ce choix, mais montrer, comme toujours, que les choses sont complexes et  effacer un peu le travail opéré par une vision trop  manichéenne de l’Histoire. De ce point de vue, le film a pu être critiqué pour la vision réductrice et manichéenne qui était donnée des personnages de Danton ( le bon) et de Robespierre ( le méchant). 

    Autre intérêt du film, c’est la double lecture  historique qu’il propose au spectateur. En effet, film historique prenant comme cadre Paris au printemps de 1794 et relatant un tournant de cette révolution , c’est en filigrane, la Pologne de 1982 qui est aussi décrite: double entrée historique ou le XX° siècle vient se superposer au XVIII° siècle: Le durcissement d’un régime communiste (encore sous obédience soviétique, avec à sa tête le général Jaruzelski qui vient d’interdire un syndicat qui deviendra célèbre , Solidarnosc, dont le leader fera entendre parler de lui, Lech Walesa. Deux hommes qui s’opposent comme se sont opposés Robespierre et Danton, deux régimes politiques issus de révolutions ayant abattu deux anciens régimes au nom de la liberté et qui tournent à la dictature ( Cf: le faux procès de Danton).

    Ainsi, comme dans de nombreux films ou romans historiques, l’ histoire et l’HISTOIRE sont , pour reprendre la trigraphie utilisée par Pierre Barbéris, au service de l’Histoire.

    Si les historiens ont pu repérer quelques erreurs ou quelques anachronismes dans le film, c’est que ceux-ci sont  au service du propos de Wajda sur la Pologne. En dépit de ceux-ci, le film reste une reconstitution remarquable de cette époque ( costumes, décors) et de de l’ambiance qui règnait alors.

    Pour finir, quittons l’HISTOIRE et revenons un peu vers la littérature: cette  ambiance de suspicion, cette époque où existent nombre de clubs et  de sociétés secrètes, cette ombre de la mort qui plane sur la société, trouveront, sans  qu’il faille forcément y voir de références politiques, des échos dans une veine romanesque  française qui apparaît au XVIII ° siècle, celle des “romans noirs” ( lire Révérony Saint Cyr, Pauliska, par exemple) qui rendent compte, à l’ombre de la guillotine, d’un siècle des Lumières qui a aussi été un siècle de la peur et de l’angoisse. 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 08:45


"Was ist Aufklärung?" : qu'est-ce que les Lumières? interrogeait Kant dans un célèbre essai. Il va de soi  que ce cycle intitulé: " Dix-huitième siècle: les Ombres des Lumières" ne prétend pas apporter une réponse à cette question, mais peut-être simplement jeter , sans mauvais jeu de mots, un éclairage un peu différent sur un siècle que l'on a parfois un peu tendance à présenter comme un bloc mono-face. Réduire les Lumières aux philosophes, au flambeau de la Raison, à une nouvelle forme de foi - foi dans le progrès par les sciences et la technique- , réduire les Lumières à la Raison,  à la lutte contre l'Infâme, aux combats pour l'égalité et la liberté sous toutes leurs formes, c'est oublier les antiphilosophes, c'est oublier qu'à côté de la Raison raisonnante  et éclairée, le Dix-huitième siècle  c'est aussi," le Siècle des Larmes" (Anne Coudreuse) , c'est oublier que c'est aussi le siècle de Sade, le siècle des libertins, c'est oublier que c'est aussi le siècle des "romans noirs" ou gothiques, et le siècle de la Terreur révolutionnaire...

Si les trois  films  du cycle ne peuvent malheureusement pas couvrir à eux seuls tous ces aspects, découvrons ou retrouvons-en quelques uns...

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