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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 10:12

affiche-district9.jpg

Réalisation : Neil Blomkamp.

USA, Afrique du Sud, Nouvelle Zélande, Canada.

Date de sortie : 2009.

Durée : 1H50.

Acteurs principaux: SharltoCopley, Jason Cope, Nathalie Boltt.

Langue : Anglais VOST.

Résumé:

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9... ( source :  allocine.fr)

 

Eléments d’analyse :

 C’est Peter Jackson, réalisateur de la saga du Seigneur des anneaux qui a décidé d’aider et de produire Niel Blomkamp dont District 9 est le premier film. Le fait que l’histoire se déroule en Afrique du Sud est la clef, au demeurant assez simple, du film : le district 9 est une métaphore du District 6 de Johannesburg (Cf infra : éléments sur ce quartier. Tout le film est donc construit sur une métaphore renvoyant à la situation des populations noires (et d’autres) sous le régime racialiste et raciste de l’apartheid : les aliens (les « immigrés ») sont ghettoïsés,  et le film met en scène la problématique souvent étudié de l’altérité (de la relation à l’autre en tant qu’il est différent de moi, par son physique, par sa culture etc.). La métamorphose, la mutation génétique de Wikus Van der Merke propose au spectateur un renversement de situation, correspondant au renversement du 6 en 9 : devenant un alien, une sorte de métis (un « colored »)  c’est auprès des aliens qu’il va trouver refuge, et donc découvrir, de l’intérieur la situation dans laquelle ceux-ci vivent et la façon dont ils sont traités; renversement de situation somme toute classique, jouant sur l’empathie où les monstres deviennent les humains et où, en dépit de leur aspect physique, les aliens sont humanisés. Métaphore politique antiraciste, le film dépasse aussi le caractère géopolitique  des ghettos de l’Afrique du Sud sous l’apartheid (misère, violences, trafics), pour évoquer le problème plus large des camps de réfugiés et des déplacements massifs et autoritaires de populations.

Histoire et symbolique du fameux District 6 :

 

Nommé ainsi en 1867, ce quartier de Cape Town était proche du port où s'installaient les nouveaux arrivants au Cap: quartier très cosmopolite et pauvre dans lequel se sont installés beaucoup d'immigrants (Malais amenés par la compagnie des Indes, Xhosa noirs, Indiens, Blancs Afrikaners, Juifs d'Europe centrale, Européens…). Le quartier était caractérisé par le fait qu'y cohabitaient religions et cultures et que s'y pratiquaient des mariages mixtes. Les communautés y vivaient dans une bonne harmonie et ont développé de nombreuses stratégies de survie (quartier d'artisans, de commerçants…)et beaucoup d'activités culturelles qui ont permis aux plus pauvres de progresser socialement et à la population cosmopolite d'exprimer ses différences tout en développant des relations (écoles, beaucoup d'associations artistiques communautaires et intercommunautaires, sports collectifs…). La vie politique y était très intense et de nombreux mouvements de revendications des droits y sont nés: hommes et femmes politiques "de couleur", dans des organisations qui pouvaient être communautaires ou là encore, intercommunautaires. Mais le quartier était aussi connu pour son insalubrité et ses trafics. C'est le prétexte que prit le régime de l'apartheid pour décider d'en expulser les habitants et de le détruire. En fait, le quartier fut qualifié "d'immoral" car il incarnait la possibilité d'une vie multiculturelle. Les habitants résistèrent longtemps au régime de l'apartheid, par l'action politique, en refusant de quitter le quartier et en dénonçant les motivations du régime: séparation des "races" et spéculation immobilière, le quartier étant très proche du centre dans Cape Town. De nombreuses actions furent menées, et des manifestations réprimées violemment. En 1966 le gouvernement déclara que le quartier ne devait être habité que par des Blancs. En 1968 il commença à le détruire, en 1982, 60 000 personnes, essentiellement les Noirs qui restaient encore dans le quartier - les autres populations ayant progressivement été incitées à rejoindre les quartiers propres à leurs communautés - ont été expulsées vers le township de Cape Flats. Les dernières maisons - caractérisées pourtant par la richesse architecturale que leur conféraient les origines culturelles multiples de ceux qui les bâtirent - furent alors rasées. Mais le quartier ne fut pas pour autant exploité comme il devait l'être et est resté à l'état de terrain vague ; ce fut donc bien le désir du régime de l'apartheid de casser une dynamique multiculturelle et multiconfessionnelle qui fut à l'origine de ces expulsions et de cette destruction ainsi que sa volonté d’éradiquer le patrimoine mémoriel et culturel de ce monde métis. L'histoire de District 6 incarne pour l'Afrique du sud la mémoire de la victoire du séparatisme raciste de l'apartheid sur la possibilité d'un développement pluriculturel.

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 16:01

Affiche-Total-recall.jpg

Réalisation : Paul Verhoeven

Date de sortie : 1990

Durée :  113 mn

Acteurs principaux: Arnold Schwarzenegger, Sharon Stone, Michael Ironside

Langue : VOST français

Palmarès :

Nomination à l’Oscar du meilleur son et des meilleurs effets sonores (Stephen Hunter Flick) en 1991

Prix du meilleur film de science-fiction et des meilleurs costumes  ainsi que nomination au prix du meilleur réalisateurmeilleur scénariomeilleur acteurmeilleur second rôle fémininmeilleure musiquemeilleurs maquillages et meilleurs effets-spéciaux, lors des Saturn Awards 1991 décernés par l’Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur

Nomination au prix des meilleurs effets-spéciaux lors des BAFTA Awards 1991

Nomination au Prix Hugo 1991 du meilleur film

 

Résumé: Dans le futur, Mars  est colonisée et exploitée pour le turbinium enfoui dans son sous-sol. La planète est tyranniquement administrée par Vilos Cohaagen, qui contrôle les mines et l'approvisionnement en oxygène.

Sur Terre, Douglas Quaid mène une vie tranquille : il a un travail, des amis et une femme, Lori. Cependant, il ne se sent pas à sa place et rêve très fréquemment de Mars, se voyant explorer la colonie en scaphandre, en compagnie d'une femme brune, alors qu'il avoue lui-même ne jamais être allé sur cette planète.

Obsédé par ce rêve récurrent, il semble intéressé par les offres de la société Rekall qui propose à ses clients l'implant de souvenirs factices, mais qui paraissent aussi réels que de vrais souvenirs. Contre l'avis de sa femme et les avertissements de son meilleur ami Harry, qui a entendu parler d'un client lobotomisé accidentellement, il décide de se faire implanter un souvenir chez Rekall : il pourrait être autre chose que lui-même : sportif célèbre, milliardaire, playboy, agent secret. Tenté par l'idée, Quaid répond alors à un questionnaire qui aidera Rekall à programmer le meilleur souvenir possible pour Quaid : il sera un agent secret, poursuivi par des tueurs, découvrira un secret concernant des artefacts extraterrestres, etc. Et surtout, il luttera auprès d'une belle femme brune, femme qui ressemble fortement à celle de son rêve récurrent…

Pistes de réflexion :

Adaptation d’une nouvelle d’un maître écrivain de la SF Philip K. Dick. We can remember il for wholesale (Souvenirs à vendre), transposant l’action initiale sur Mars,  ce film du début des années 90 a pour intérêt d’ouvrir deux veines qui seront largement exploitées ultérieurement par  d’autres films de SF .

 D’une part l’interrogation sur les frontières entre la réalité et l’illusion, ou,  traduit en langage informatique : la question des frontières entre la réalité et le virtuel. D’un point de vue philosophique, les élèves de Terminale retrouveront des problématiques liées à une conception platonicienne du monde (le monde dit «réel », le monde sensible, comme n’étant que qu’une copie imparfaite du  mondes des Idées) ou encore l’argument du rêve que l’on trouve entre autres chez  Descartes comme une étape  dans sa recherche pour asseoir les fondements d’une certitude de la connaissance, et méditant sur ce qui peut tromper nos sens (entre les illusions d’optique et le « malin génie » : le rêve). Les élèves de première ne manqueront pas  de rattacher cette problématique  aux incertitudes de la conception baroque du monde ou aux interrogations d’Hamlet (la vie est un songe, la mort est un songe).

D’autre part, la question de la mémoire, terme appartenant à la fois aux neurosciences et à l’informatique, dont la polysémie sera ensuite largement scénarisée autour des notions de greffe, d’implantation voire de conditionnement et de manipulation.  Tout voyage au cœur de la mémoire est un voyage au cœur de soi-même ; ici, à côté de la perte des repères par rapport à la réalité, c’est la perte des repères par rapport à soi-même qui est mise en scène : «  le héros s'est-il programmé une couverture pour échapper à Cohaagen à la seule fin de mieux trahir la résistance sur Mars, et donc trahissant du même coup une identité qu'il s'est confiée au futur lui-même ? Ceci appelle un questionnement métaphysique : trahirait-on son prochain, ou pire, son futur soi-même, en fonction des souvenirs que l'on a ? La mémoire est questionnée quant au rôle qu'elle joue dans les actions du protagoniste principal. Si les souvenirs sont malléables, effacés ou erronés, à dessein ou pas, quel est le sens des actions actuelles ? »

Enfin, même déplacé sur Mars, le film se présente aussi comme la dénonciation du cynisme et des moyens utilisés par les grandes compagnies capitalistes exploitant  pour s’enrichir sans se soucier des conséquences sur l’environnement et les habitants. La Résistance comme image des militants écologistes actuels…

 

Finalement, même si Schwarzenegger  se pose en bon héros américain en « sauveur du monde » (martien et pas terrien),on peut de demander si, pour une fois, il n’aurait pas tourner dans un film demandant un peu plus de cervelle que de muscles ( ce qu’il fera encore dans « Last Action Heroe », pas si éloigné que  ça de  « La Rose pourpre du Caire »  d’un Woody Allen … comme quoi pour les acteurs comme pour les film de genre, faut se méfier des a priori).

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24 mars 2015 2 24 /03 /mars /2015 09:43

affiche-planete-interdite-forbidden-planet-verticale.jpg

Réalisation : fred McLeod Wilcox

Date de sortie : 1956 USA

Durée : 98 mn

Acteurs principaux: Walter Pidgeon, Anne Francis, Leslie Nielsen, Jack Kelly et ROBBY le robot.

Langue : VO anglais ST  français

 

Résumé:

En 2257, le croiseur spatial C-57-D du commandant Adams se pose sur la planète Altaïr 4 pour secourir le Bellérophon, un vaisseau d'exploration dont l'équipage n'a plus donné signe de vie depuis dix-neuf ans. Sur place, l'équipage ne découvre que deux survivants : le docteur Morbius et sa fille Altaïra, assistés de Robby le robot. Ceux-ci lui apprennent qu'une mystérieuse force invisible a tué un à un tous les membres de l'expédition et que la planète recèle les derniers vestiges d’une civilisation hautement évoluée et disparue, les Krells. (Souce: wikipédia)

Pistes d’analyse et de  réflexion :

Ce film est considéré comme un classique des films de SF. Tout amateur, et tout cinéphile se doit de l’avoir vu. On est loin des poétiques trucages lunaires des débuts du cinéma avec Méliés mais loin aussi des effets spéciaux numériques et 3D  actuels, ce qui lui donne ce charme, cette   saveur particulière des films pionniers :  un des tout premiers films de Sf réalisé en couleur et en cinémascope, premier film utilisant uniquement des sources électroniques en bande son, et, sans doute, film mettant en scène l’ancêtre le plus marquant d’une longue série de personnages à savoir Robby the robot dont le morphotype hanta longtemps les imaginaires (on en trouve même un très proche cousin dans un épisode de Columbo !) et qui ne sera sans doute détrôné que par  le beaucoup plus androïde C-3PO (Sispéo) de Star Wars ( dont le texte déroulant du générique du début est peut-être un clin d’œil au film de Wilcox ?... générique qui, pour la petite histoire valut une amende à Lucas car il ne présentait pas les noms des participants).

Outre sa place dans l’histoire du film de SF, Planète Interdite nous intéresse dans la mesure où, gardons à l’esprit l’intitulé de notre cycle, il a l’ambition de dépasser le simple film d’aventure ou d’actions.

On le considère comme une réécriture de  William Shakespeare : le scénario s’inspire en effet de La Tempête * dont il constitue une transposition dans le genre du space opera, même si ici, c’est le vaisseau sauveteur et son équipage qui sont au centre de l’action et non le vaisseau qui a fait naufrage.

Le film intègre par ailleurs de multiples références à des mythes antiques ou à des oeuvres littéraires. Dans  le jardin, presque d’Eden (référence biblique), d’Altaïra,on trouve la licorne (la pureté), avec peut-être, si l’on décline le bestiaire,  le choix d’un animal, le tigre, renvoyant  au  poème «Tiger » de William blake qui en fait le symbole du Mal ( référence reprise sans la série The Mentalist, plus proche de nous, poème emblématique de John le rouge, pour ceux qui connaissent) : le  tigre jusque là inoffensif  qui réagit lors de la perte de l’innocence d’Altaïra ressentant ses premiers émois sexuels et qui attaque ; ou encore le  nom du vaisseau de la première expédition, le Bellérophon, comme celui du générateur souterrain d'énergie, la Gorgone. Mais comment interpréter ces allusions à la mythologie grecque ? Si  Bellérophon (petit fils de Sisyphe), est un  des grands héros tueurs de monstre, quel monstre s’agit-il de tuer ici ?  Bellérophon est  célèbre pour avoir tué la Chimère… comment faut-il comprendre cela ? un monstre maléfique ou dans un sens plus large, une utopie, mais alors laquelle ?  De même, tout le monde connaît la Gorgone, pétrifiée par son propre regard posé au miroir du bouclier de Persée…est-ce le miroir ici qui est un objet symbolique ? Voilà autant de questions que soulèvent des indices donnés ici et là et que chaque spectateur cherchera à résoudre en voyant le film.

            Cependant, pour une lecture plus générale du film, se pose la question de l’intérêt de cette réécriture, même éloignée, d’une pièce du XVII siècle. Elle réside dans l’apport d’une dimension  psychanalytique au thème du double maléfique et de la part d’ombre qui réside en chacun de nous. Cette part d'ombre est incarnée par le monstre invisible issu des pulsions destructrices de l'inconscient du professeur Morbius. Cette utilisation de la part d'ombre dans cette œuvre n'est pas sans faire allusion aux travaux de Carl Gustav Jung sur un des principaux couples d’archétypes, décrits par le fondateur d'un des courants de la psychanalyse : la psychologie analytique : «  Ombre et Persona »,  l'ombre et la lumière. L'« Ombre » figure l'inconscient personnel, à travers les motifs du double et de l'alter ego, somme des aspects de la personnalité refoulés ou ignorés. Au sein des écoles psychanalytiques, Jung est célèbre pour avoir défendu l’idée  controversée de l’existence d’un inconscient collectif. Nous laissons ici le spectateur chercher en quoi et par quoi ces concepts sont illustrés  dans Planète interdite : quels liens il peut faire entre la civilsation des Krells (et leur autodestruction), Moebius et le danger qui guette l’équipage venu sauver les rescapés du Bellérophon…

* Résumé de La tempête de Shakespeare : le duc de Milan, Prospero, après avoir été déchu et exilé par son frère, se retrouve avec sa fille Miranda sur une île déserte. Grâce à la magie que lui confèrent ses livres, il maîtrise les éléments naturels et les esprits ; notamment Ariel, esprit positif de l'air et du souffle de vie ainsi que Caliban, être négatif symbolisant la terre, la violence et la mort. La scène s'ouvre sur le naufrage, provoqué par Ariel, d'un navire portant le roi de Naples, son fils Ferdinand ainsi que le frère parjure de Prospero, Antonio. Usant de sa magie et de l'illusion, Prospero fait subir aux trois personnages échoués sur l'île diverses épreuves destinées à les punir de leur traîtrise, mais qui ont également un caractère initiatique.

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